Archive pour janvier, 2009

Faites vos jeux

Ce jour-là, le groupe Partouche livrera aux joueurs 150 machines à sous et toute la panoplie des jeux traditionnels, de la roulette au stud poker en passant par la boule et le black jack. Le groupe a investi 22 millions d’euros pour aménager ce casino, complété par un hôtel, des restaurants et des salles de spectacle, au sein d’anciens locaux de la Chambre de commerce, à l’endroit où se traitaient les marchés du café et du coton au XIXe siècle.

Partouche veut faire de ce complexe “un centre de divertissement” capable de drainer, dans un bassin de population de 250.000 habitants, une clientèle qui jusqu’alors pouvait être attirée par les casinos de Deauville et Trouville sur la Côte fleurie ou d’Etretat sur la Côte d’Albâtre.

Pour Le Havre, une ville ouvrière qui fut dirigée durant trente ans par les communistes, l’arrivée des jeux marque une nouvelle étape de sa transformation entamée par le maire UMP Antoine Rufenacht qui a pris les rênes en 1995. “Cela ne signifie pas que nous voulons tourner le dos à l’industrie et au port qui vient encore de s’agrandir mais que nous voulons nous diversifier en considérant que les activités tertiaires sont celles qui créent de l’emploi aujourd’hui”, affirme le maire.

Depuis plus de dix ans, la ville est un vaste chantier. Dans le centre, des milliers de m2 de bureaux ont été construits pour accueillir agences maritimes, centres d’appels et compagnies d’assurance. Au sud, les anciens quartiers portuaires sont livrés aux promoteurs qui en font des cités résidentielles au bord des bassins.

Ces changements se sont accompagnés de signes de reconnaissance venus de l’extérieur. Le Havre a ainsi obtenu successivement son classement comme “station balnéaire”, “ville d’art et d’histoire” et “station nautique”. Et surtout, son centre reconstruit par l’architecte Auguste Perret a été admis en 2005 au patrimoine mondial de l’Unesco qui a vu dans cet ensemble “un exemple exceptionnel de l’architecture et de l’urbanisme de l’après-guerre”.

Tous ces bouleversements laissent de marbre la gauche qui estime que la “tertiarisation” voulue par le maire n’est qu’un “trompe l’oeil”. Elle fait valoir que la ville ne cesse de perdre des habitants, qui ne trouvent plus à se loger. “Rufenacht privilégie le centre-ville, devenu très cher et où n’habitent plus que les gens fortunés, en délaissant les couches moyennes qui sont obligées de s’exiler à la campagne”, soutient Pierre Dieulafait, conseiller municipal Vert.

Pour le maire, elle s’affichera comme “un geste architectural fort” tandis que, pour le député communiste Daniel Paul, elle n’est qu’un projet “pharaonique” susceptible d’assécher pour longtemps les finances de la ville.

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promesse de cession

La société La Tête dans les Nuages (LTDN), qui exploite des centres de jeux vidéos, fait savoir que l’intégration de la Société Française de Casinos (SFC), acquise au premier semestre 2006, a été finalisée.

Le groupe explique que l’intégration a été facilitée par la proximité et la synergie des activités.

LTDN indique connaître, pour sa part, un très fort développement de son activité ‘jeux virtuels’. Elle a procédé, au cours du dernier trimestre 2006, à l’ouverture de 2 nouveaux centres en partenariat à Ozoir la Ferrière et Brest, et renouvelé le bail des locaux de son établissement de Passage des Princes (Paris 2ème) pour une nouvelle durée de 12 ans.

La SFC poursuit également son développement, à la fois par cession d’actifs non stratégiques, et acquisition de nouvelles entités.

Ainsi, une promesse de cession portant sur le solde des titres du Casino Le Mirage à Agadir (soit 83,35%) a été signée pour 2,5 millions d’euros, la première partie ayant été d’ores et déjà cédée pour 500 KE. Cette cession génèrera une plus-value de 600 KE.

Des négociations avancées du casino portant sur la cession d’actifs non nécessaires à l’activité, pour un montant de 2 millions d’euros, sont en cours.

La Société a également cédé les murs, pour un montant total de 5 millions d’euros, des immeubles au sein desquels continuent d’être exploités, par des filiales de la SFC, les hôtel et casino de Gruissan, réalisant ainsi une plus-value très significative.

Enfin, la SFC a signé, le 15 décembre 2006, une promesse d’achat du casino de Brides les Bains, pour un montant estimé à 3,82 millions d’euros, devant être levée d’ici au 28 février 2007.

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Le feu vert pour les casinotiers

Le PDG se dit prêt à nouer un partenariat avec un spécialiste du jeu sur internet. Mais sa première préoccupation est aujourd’hui le taux de fréquentation de ses hôtels de luxe.

Compte tenu de l’absence de législation sur les jeux en ligne, défier le ministère de l’Intérieur comme a pu le faire le groupe Partouche est-il une solution ?

Les autorités de tutelle vont être obligées d’agir ! C’est bien d’interdire, mais encore faut-il être efficace. Or, force est de constater qu’il existe beaucoup de sites, basés aux Bahamas par exemple, et accessibles depuis le sol hexagonal. Cela étant, chacun est libre d’agir comme il l’entend.

Pour l’instant, nous avons préféré mettre en place un site d’initiation, qui mise davantage sur la relation client. Depuis le lancement en mars des jeux en ligne – sans mise de départ – nous avons enregistré 15 000 visites.

Nous étudions aussi les véritables potentialités de marché d’un casino virtuel, de manière à pouvoir être prêts dès qu’il y aura une réglementation des jeux en ligne en France. Licencier notre marque ou nouer un partenariat peut se révéler une opportunité intéressante pour un spécialiste de jeux sur internet, qui pourra alors bénéficier de l’image qualitative du groupe Barrière.

Avez-vous déjà pris des contacts ? Les échanges qui ont eu lieu sont restés sans suite. Mais le téléphone est là. Ne craignez-vous pas de phagocyter l’activité de vos casinos en créant des jeux en ligne ?

Quitte à être phagocyté, je préfère trouver des solutions de substitution aux activités perdues. Mais, là encore, la réponse appartient aux autorités de tutelle. Une légalisation s’impose pour le jeu en ligne, même si je ne crois pas aux prévisions faramineuses [Informa Media Group évalue à quelque 16,4 milliards d'euros les revenus mondiaux pour les jeux en ligne en 2006, ndlr].

Vos hôtels proposent rarement des accès à internet…

Le Fouquet’s Barrière sera très à la pointe des nouvelles technologies. Mais, dans les autres hôtels, nous avons, en effet, des progrès à faire. La clientèle internationale, notamment les Américains de la tranche d’âge 18-20 ans, est très sensible à ce type d’équipement. Il est cependant possible de réserver tous nos hôtels en ligne, et l’objectif est que ce service représente 5 % du chiffre d’affaires en année pleine. Aujourd’hui, nous sommes contents du démarrage de ce service, car 80 % de ses utilisateurs sont des nouveaux clients.

Vous êtes sur le point de réunir en un seul groupe vos trois entités : Société hôtelière de la chaîne Lucien Barrière, la Société des hôtels et casino de Deauville et la Société fermière du casino municipal de Cannes – toutes deux cotées au Premier Marché. Les actionnaires minoritaires sont-ils tous d’accord ?

C’est une opération que réclament le marché et tous les minoritaires, depuis longtemps. En regroupant nos trois entités, nous affichons des capitaux propres bien plus importants. Cette addition assure également une meilleure présentation devant les autorités. Compte tenu de certains problèmes techniques, nous avons cependant demandé une prorogation : le nouvel ensemble devrait être coté au Second Marché le 15 septembre avec environ 10 % de flottant. Notre ambition est ensuite de passer au Premier Marché.

Quelles sont vos priorités en matière de développement d’ici à trois ans ?

D’abord, faire en sorte qu’Enghien devienne le plus beau et le premier casino de France, et sans doute d’Europe. À l’ouverture des 130 machines à sous, le 8 avril, le nombre de clients par jour atteignait 2 000 pour se stabiliser à 500 aujourd’hui . Nous étudions comment faire pour réguler, et adapter les critères d’accès, tels le droit d’entrée ou les exigences vestimentaires. Autre projet de grande envergure : le palace Fouquet’s Barrière, qui devrait occuper cinq immeubles situés à l’embranchement des trois avenues Champs-Elysées, Georges-V et Quentin-Bauchart. Ce sera la première création d’un palace parisien aux mains d’une famille française depuis 70 ans. Nous avons obtenu les permis de construire, et abordons l’étape de la libération des locaux occupés. Ce qui peut demander beaucoup de temps. D’autres opérations devraient également aboutir comme le casino de Montreux, la construction d’un palace à Marrakech, enfin la mise en place d’un complexe en Espagne, qui s’annonce plus compliquée.

Quel est le taux d’occupation des hôtels ?

Depuis les événements du 11 septembre et avec le krach boursier, nous enregistrons une baisse de notre activité. Le taux d’occupation s’établit actuellement à 66,5 %. En mai-juin, beaucoup d’entreprises ont annulé leurs séminaires et leurs conventions. Juillet et août vont être déterminants, même s’il est trop tôt pour se prononcer sur la tendance.

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opportunité d’achat

Groupe Partouche a publié son chiffre d’affaires de l’exercice 2001/2002 (30 octobre 2002) qui intègre pour la première fois Européenne de Casinos depuis le 1er mai 2002. Le titre flirte actuellement avec ses plus bas annuels et accuse un repli de plus de 30% depuis le mois d’août.

Groupe Partouche, avant le rachat de la Compagnie Européenne de Casinos (CEC), se positionnait déjà comme le leader français des casinos avec près de 20% de parts de marché (26 établissements en France et 5 à l’étranger), ce qui le plaçait devant le groupe Lucien Barrière, Accor Casinos et Européenne de Casinos. Plus de 70% des revenus du groupe sont issus des jeux, et essentiellement des machines à sous (2500 bandits manchots exploités), le solde provenant de l’exploitation d’hôtels et de restaurants permettant de drainer des joueurs vers les casinos. Le titre du groupe est coté sur le Premier Marché de la Bourse de Paris.

Le groupe a donc publié un chiffre d’affaires annuel en hausse de 28% à 371,9 millions d’euros dont 59,3 millions proviennent d’Européenne de Casinos. Hors intégration, le chiffre d’affaires est en progression de 7,6%. Ces chiffres sont en ligne avec les consensus d’analystes.

Ces chiffres tiennent compte notamment de l’impact sur le second semestre de la nouvelle taxation sur les jeux qui augmente les prélèvements et pèse sur la croissance du produit net des jeux. Les prélèvements ont ainsi progressé de 41% à 329,4 millions d’euros.

Par ailleurs, le groupe a également annoncé la cession des casinos de la Bourboule, du Mont Doré ainsi que la vente de la société abritant le projet de création d’un casino à Alvignac. Cependant, les cessions restent encore insuffisantes après l’acquisition de la Compagnie Européenne de Casinos. Le taux d’endettement atteint encore, en effet, plus de 250%.

Parmi les bureaux d’études qui suivent la valeur, CIC Securities a maintenu son opinion ‘Conserver’ avec un objectif de cours de 91 euros et Fortis Securities reste à l’achat avec un objectif de cours de 83 euros. De son côté, SG Securities est resté à ‘Conserver’ et Oddo à ‘Surperformance’.

Au total, ces chiffres sont surprises et témoignent de la poursuite de l’intégration d’Européenne de Casinos au sein du groupe. Si des cessions sont encore nécessaires afin de réduire le taux d’endettement, la faible valorisation actuelle du titre constitue une opportunité d’achat.

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un souvenir impérissable de 2008

Comme les 193 autres casinos français, les établissements costarmoricains ne garderont pas un souvenir impérissable de 2008. La profession parle pour l’année écoulée d’une chute moyenne de 10 % du chiffre d’affaires.

Le casino de Saint-Quay-Portrieux (Groupe Aupiais) est le seul à tirer son épingle du jeu avec une fréquentation stable et un produit brut des jeux – différence entre les mises et les gains, équivalent du chiffre d’affaires des casinos – qui s’élève à 11 millions d’euros. Les jeux de table, dont le poker, représentent 8 à 10 % du chiffre d’affaires réalisé par les 120 machines à sous.

Au casino de Fréhel (Groupe Aupiais), situé sur la plage de Sables-d’Or-Les-Pins, le chiffre d’affaires (4,8 millions d’euros) est en baisse de 1 %. « Nous avons cependant une augmentation de 14,5 % en décembre 2008 par rapport à décembre 2007 », précise Hugo Corbillé, le directeur. Le casino du Val-André (Groupe Partouche) perd 6 % de fréquentation et a engrangé 6,2 millions d’euros. À Perros-Guirec (Groupe Barrière), moins 5,8 % de clients et un produit brut des jeux à 9 millions d’euros.

Ce qu’en disent les dirigeants des établissements de jeux. « C’est normal que le marché se stabilise, indique Hugo Corbillé, président du casino de Saint-Quay-Portrieux. Pendant 10 ans nous avons eu une progression à deux chiffres puis à 8 et 9 % sur cinq ans. »

Selon Patrice Le Brun, directeur du casino du Val-André, les causes sont diverses : « L’interdiction de fumer en janvier, l’accroissement des contrôles d’alcoolémie le soir, le manque de touristes l’été dernier et la crise actuelle qui développe inquiétude et crainte du chômage. »

Pour Jean-Michel Le Déon à Perros-Guirec, la baisse de fréquentation a débuté en juin « avec une nette dégradation. Pour 2009, tout dépend du contexte social, nous ne sommes pas prioritaires dans la consommation des ménages ». Face à cette baisse de fréquentation, tous les directeurs de casinos développent les animations et les spectacles.

Au-delà de la crise, les casinotiers ont également dû composer cette année avec l’application dans leurs établissements de la loi antitabac et l’explosion des jeux sur internet.

Ce qu’en disent les maires. Les prélèvements sur le produit brut des jeux vont pour leur plus grande part (85 %) à l’État et pour le solde (15 %) aux communes les accueillant, dont ils assurent une part importante du budget. Autant dire que les maires des communes concernées regardent l’activité des casinos de très près actuellement. Comme à Perros-Guirec où le casino a redistribué quelque 1,2 million d’euros en 2007. « Cela représente entre 8 à 10 % de nos recettes », confie Yvon Bonnot, maire de Perros.

S’il estime sa ville moins vulnérable que d’autres pour qui les casinos représentent parfois jusqu’à 30 % des rentrées financières, Yvon Bonnot n’en reste pas moins inquiet. « Moins de recettes pour les collectivités, ce sont moins d’investissements, explique-t-il. Des chantiers notamment qui font travailler les entreprises locales. Avec des recettes également en baisse en provenance de l’État, ça finira par faire beaucoup…

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