Archive pour juin, 2009

La viabilité économique du projet

Après plusieurs siècles de monopole, la France va entrouvrir à partir du 1er janvier 2010 son marché des jeux d’argent pour répondre aux demandes pressantes de la Commission européenne, mais uniquement sur internet et dans un cadre “maîtrisé et contrôlé”. Entouré de trois collègues – Michèle Alliot-Marie (Intérieur), Christine Albanel (Culture) et Bernard Laporte (Sports) – le ministre du Budget Eric Woerth a présenté jeudi le projet de loi qui prévoit d’autoriser les paris sportifs et hippiques et le poker en ligne.Mais le gouvernement, qui “a toujours affiché sa volonté d’être à la fois pragmatique et déterminé”, selon M. Woerth, “va encadrer” cette ouverture : plafonnement des gains des joueurs entre 80 % et 85 % des mises; fiscalité identique pour les opérateurs historiques (Française des Jeux, PMU, casinos) et les futurs opérateurs, soit 7,5 % sur les paris sportifs et hippiques et 2 % sur le poker; autorité de régulation indépendante chargée d’attribuer les licences aux opérateurs; cahier des charges “très strict” (lutte contre le blanchiment d’argent, la fraude, les paradis fiscaux).

Le projet de loi comporte par ailleurs plusieurs dispositions, souligne M. Woerth, visant à “améliorer la protection de l’éthique des compétitions sportives” : paris sur les résultats d’épreuves réelles et “non pas sur la minute de la prochaine touche ou du prochain tirage de maillot”; “reconnaissance d’un droit de propriété payant” pour les organisateurs d’évènements qui feront l’objet de paris.

Enfin, une partie des recettes fiscales sera destinée à financer la lutte contre la dépendance aux jeux et un prélèvement de 1 % sur les paris sportifs sera affecté au Centre national pour le développement du sport (CNDS).

M. Woerth, qui a rappelé que les jeux d’argent rapportaient chaque année cinq milliards d’euros à l’Etat, entend ainsi éviter que le taux de fiscalité ne soit un “repoussoir” et, partant, conserver le même niveau de recettes fiscales.

Car le marché français attire depuis plusieurs années les convoitises des opérateurs étrangers. En 2008, les 30 millions de Français qui jouent régulièrement ou occasionnellement ont laissé 21 milliards d’euros dans les caisses des trois opérateurs historiques (FDJ, PMU et casinos), un chiffre identique à celui de 2007, malgré l’interdiction de fumer et la crise.

Et le marché des jeux en ligne promet d’être particulièrement juteux. L’European gaming and betting association (EGBA, regroupant les plus importantes sociétés de paris en ligne), estime que le marché européen des jeux sur internet devrait atteindre 9,5 milliards d’euros en 2012. Pour M. Woerth, le “marché potentiel” annuel français se situerait entre “deux et trois milliards d’euros”.

Mme Alliot-Marie a insisté sur “l’absolue nécessité d’un contrôle rigoureux des jeux en ligne”. Les sanctions prévues pour organisation illégale de jeux seront lourdes : 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende.

Ce projet de loi a été favorablement accueilli par les opérateurs français interrogés par l’AFP. Le PDG de la FDJ Christophe Blanchard-Dignac a salué l’arrivée “du shérif au Far West”. Celui du PMU Bertrand Bélinguier a insisté sur cette “ouverture maîtrisé”. Dominique Desseigne, le président du premier groupe Barrière s’est déclaré “optimiste”.
Alexandre Dreyfus, président du site Chilipoker a relevé que “le joueur de poker français paiera demain trois fois plus cher pour jouer sur internet”.

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Cocotier cosinotier

Le « resort », complexe hôtelier né dans les années 1970, n’en finit pas de muer. « De l’hôtel sur la plage avec des cocotiers genre Hilton exotique d’après-guerre, on est passé au lieu de villégiature saisonnier », explique David Mandefield, ancien président du conseil d’administration de Méridien SAS dont 35 % des hôtels du groupe sont des « resorts ». « Seulement, il faut établir des partenariats et construire, par exemple, près d’un golf existant, très demandé par les clients mais trop cher à rentabiliser. » Lieu et personnel irréprochables, services sans failles, c’est le Graal poursuivi par tous les groupes. Les séjours raccourcissent et les clients compactent leur visite en trente-six ou soixante-douze heures !

L’un des projets les plus emblématiques de la nouvelle génération de complexes hôteliers a été mené par la Société des Bains de Mer (SBM), appartenant à la famille Grimaldi. La réflexion a démarré il y a dix ans pour répondre au big-bang touristique de Monaco, avec l’idée de créer un centre de congrès entouré d’un maximum de services avec des lits, des spectacles, bars, restaurants, et des casinos. Cette anticipation a aussi pris en compte la vogue des spas. L’objectif est de figer le client sur place.

Lancés sous le prince Rainier, les travaux du Monte Carlo Bay dans le quartier du Larvotto – onze étages dominant la mer – ont pris cinq ans, pour un coût estimé à 200 millions d’euros. Inauguré en octobre dernier, ce jeune quatre étoiles a doublé la capacité hôtelière du groupe, la portant à 900 chambres.

« Compte tenu de l’espace, nous avons voulu créer un lieu très ouvert et surtout un hôtel contemporain », confie Bernard Lambert, président de la SBM. Le lieu compte 334 chambres, dont 22 suites, une héli-surface, un drugstore, quatre restaurants et autant de bars, un accès direct au Jimmy’s, célèbre boîte de nuit. « On vend un statut, une image, de l’hédonisme, explique Axel Hoppenot, directeur commercial et marketing de la société. La SBM a voulu enrichir l’expérience glamour. » Avec à la clef piscine pharaonique, lagon à ciel ouvert, spa de luxe et 154 bandits manchots dans le casino.

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Mariage de jeux

7-goldLes machines à sous, un moyen de faire fortune? Non, pas en jouant, naïfs que vous êtes! Mais en les exploitant. Car chacun de ces engins – la France en compte 16 400 – rapporte en moyenne plus de 150 000 euros par an à son heureux propriétaire. Un authentique jackpot qui explique pourquoi nos casinotiers sortent périodiquement l’artillerie lourde. Dernier exemple en date: la semaine dernière, les groupes Barrière et Accor Casinos ont convolé pour donner naissance à un nouveau numéro un français des plaques et des jetons.

Ô la touchante fusion réalisée par échange de titres! «Après neuf mois de négociations, nous nous rapprochons de partenaires historiques et d’amis», exulte Dominique Desseigne, l’ex-notaire veuf de Diane Barrière et usufruitier de l’empire familial. Détenant 51% du nouvel ensemble, ce parfait «jet-setter» qui s’affiche désormais au bras de la milliardaire libanaise Mouna Ayoub accueille à son tour de table le géant de l’hôtellerie Accor (34% du nouveau groupe) et le fonds d’investissement Colony Capital, un pro américain des jeux (15%)

Bien sûr, la concurrence feint l’indifférence. Chez Partouche, le groupe familial qui dominait jusqu’alors le secteur, on se gausse: «C’est le mariage de la carpe et du lapin sous l’œil du renard américain.» «Cette fusion ne change rien», assure, de son côté, Philippe Gasagne, le patron du groupe Moliflor. Mais l’opération risque bien d’accélérer la concentration du secteur. Car, malgré la tutelle réglementaire et économique de l’Etat et des collectivités locales qui ont prélevé l’an dernier 55% du produit brut des jeux, le business des casinos fait toujours rêver les financiers. «Les casinos assurent 15 à 20% de retour sur investissement. Leurs résultats continuent de croître (NDLR: 3% l’an dernier) même pendant les années de stagnation économique», souligne Christian Rouyer, délégué général du syndicat Casinos de France. La prochaine opération? Georges Tranchant, l’ex-député RPR des Hauts-de-Seine devenu condottiere des machines à sous dans les années 1990, a laissé entendre à la presse qu’il pourrait prochainement céder une douzaine de ses établissements. Avant de se rétracter: «Ce n’était qu’une plaisanterie. Je ne suis pas réellement vendeur et je ne saurais pas quoi faire de l’argent!» Plus troublant: selon nos informations, Isidore Partouche lui même, l’homme qui a bâti un empire de machines à sous en trente ans, aurait mené des négociations avec deux pools de fonds d’investissement en vue de céder tout ou partie de son groupe fort endetté. Une info que l’ancien radioélectricien d’Alger dément farouchement – «Je préfère jouer tout seul dans mon coin» –, mais que nous maintenons.

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Difficultés casinotières

Victimes de l’interdiction de fumer depuis janvier 2008, les casinos ont vu leur chiffre d’affaires chuter de 8,4 % alors que celui de la Française des Jeux (FDJ) s’effritait de 1,1 %, le PMU étant le seul opérateur à enregistrer une hausse (4,8 %) en 2008.Dès le 4 janvier, le PMU avait annoncé son chiffre d’affaires 2008 (9,262 milliards d’euros, soit la 11e année consécutive de croissance) mais les deux autres opérateurs de jeux n’avaient pas communiqué les leurs.

Le président du Cheval Français (courses de trot) Dominique de Bellaigue a dévoilé mercredi les chiffres en pourcentage des casinos et de la FDJ. Il a révélé que, pour la première fois depuis dix ans, le PMU avait dépassé, le chiffre d’affaires de la FDJ.

Le réseau du PMU, qui compte plus de 10.000 points de vente et 6,5 millions de clients, a beaucoup moins souffert de l’interdiction du tabac entrée en vigueur le 1er janvier 2008. Celle-ci a frappé sévèrement, de l’avis même de la FDJ, le Rapido, son premier jeu (23 % du CA), qui a connu une baisse de 19 % en 2008.

Interrogée par l’AFP, la FDJ n’a pas souhaité communiquer sur son chiffre d’affaires global mais a relevé que son CA dans le secteur des paris sportifs avait doublé en 2008 par rapport à 2007. La FDJ avait déjà enregistré une baisse de son CA de 1,8 % en 2007, la première depuis quinze ans.

Quant aux casinos, après une quinzaine d’années de croissance continue due aux machines à sous, ils ont enregistré 2,553 milliards d’euros de produit brut des jeux (PBJ, différence entre mises et gains), en baisse de 8,4 % par rapport à 2007 et même de 10,2 % à périmètre égal, le nombre des casinos ayant évolué entre ces deux années.

Dès le printemps, les casinotiers avaient à plusieurs reprises attiré l’attention sur leurs difficultés qu’ils attribuent, pour l’essentiel, à l’interdiction de fumer.

Tabac ou pas, l’”Etat croupier“, comme l’a surnommé le sénateur UMP François Trucy, auteur de deux rapports d’information sur les jeux, aura tout de même encaissé 6 milliards d’euros en 2008 (prélèvements divers, taxes, impôts).

En dépit de la baisse d’activité de la FDJ et des casinos, les Français ont consacré en 2008 pratiquement autant à leurs dépenses de jeux d’argent qu’en 2007 : 21 milliards d’euros, soit 2,3 millions d’euros par heure.

Et en six ans, les sommes dépensées quotidiennement au jeu par les Français, sont ainsi passées de 47,3 millions d’euros à 57,6 millions d’euros.

Ces sommes ne tiennent pourtant pas compte des paris sur internet sur des sites basés à l’étranger auxquels s’adonnent régulièrement en toute illégalité des dizaines de milliers de joueurs français.

La France, où les jeux relèvent d’un monopole d’Etat, a promis d’ouvrir son marché à d’autres opérateurs d’ici la fin de l’année, sous la pression de la Commission européenne.

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La hausse dans les chiffres d’affaires

Victimes de l’interdiction de fumer depuis janvier 2008, les casinos ont vu leur chiffre d’affaires chuter de 8,4 % alors que celui de la Française des Jeux (FDJ) s’effritait de 1,1 %, le PMU étant le seul opérateur à enregistrer une hausse (4,8 %) en 2008.Dès le 4 janvier, le PMU avait annoncé son chiffre d’affaires 2008 (9,262 milliards d’euros, soit la 11e année consécutive de croissance) mais les deux autres opérateurs de jeux n’avaient pas communiqué les leurs.

Le président du Cheval Français (courses de trot) Dominique de Bellaigue a dévoilé mercredi les chiffres en pourcentage des casinos et de la FDJ. Il a révélé que, pour la première fois depuis dix ans, le PMU avait dépassé, le chiffre d’affaires de la FDJ.

Le réseau du PMU, qui compte plus de 10.000 points de vente et 6,5 millions de clients, a beaucoup moins souffert de l’interdiction du tabac entrée en vigueur le 1er janvier 2008. Celle-ci a frappé sévèrement, de l’avis même de la FDJ, le Rapido, son premier jeu (23 % du CA), qui a connu une baisse de 19 % en 2008.

Interrogée par l’AFP, la FDJ n’a pas souhaité communiquer sur son chiffre d’affaires global mais a relevé que son CA dans le secteur des paris sportifs avait doublé en 2008 par rapport à 2007. La FDJ avait déjà enregistré une baisse de son CA de 1,8 % en 2007, la première depuis quinze ans.

Quant aux casinos, après une quinzaine d’années de croissance continue due aux machines à sous, ils ont enregistré 2,553 milliards d’euros de produit brut des jeux (PBJ, différence entre mises et gains), en baisse de 8,4 % par rapport à 2007 et même de 10,2 % à périmètre égal, le nombre des casinos ayant évolué entre ces deux années.

Dès le printemps, les casinotiers avaient à plusieurs reprises attiré l’attention sur leurs difficultés qu’ils attribuent, pour l’essentiel, à l’interdiction de fumer.

Tabac ou pas, l’”Etat croupier“, comme l’a surnommé le sénateur UMP François Trucy, auteur de deux rapports d’information sur les jeux, aura tout de même encaissé 6 milliards d’euros en 2008 (prélèvements divers, taxes, impôts).

En dépit de la baisse d’activité de la FDJ et des casinos, les Français ont consacré en 2008 pratiquement autant à leurs dépenses de jeux d’argent qu’en 2007 : 21 milliards d’euros, soit 2,3 millions d’euros par heure.

Et en six ans, les sommes dépensées quotidiennement au jeu par les Français, sont ainsi passées de 47,3 millions d’euros à 57,6 millions d’euros.

Ces sommes ne tiennent pourtant pas compte des paris sur internet sur des sites basés à l’étranger auxquels s’adonnent régulièrement en toute illégalité des dizaines de milliers de joueurs français.

La France, où les jeux relèvent d’un monopole d’Etat, a promis d’ouvrir son marché à d’autres opérateurs d’ici la fin de l’année, sous la pression de la Commission européenne.

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Système lucratif

croupier-melangeLe système, mis en place par une famille du Carcassonnais, pouvait rapporter à ses concepteurs plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois. Selon le témoignage d’un joueur, certains “clients” ignoraient le caractère illégal des jeux.

Le vaste coup de filet contre les machines à sous illégales, organisé lundi dans tout l’Ouest du département, s’est poursuivi hier par les auditions des 47 personnes placées en garde à vue (L’Indépendant du 6 février). Après la forte médiatisation du premier jour, la gendarmerie a observé le mutisme le plus total, tandis que le procureur de la République de Carcassonne retardait d’un jour la conférence de presse qu’il devait tenir sur le sujet.

Concernant les organisateurs présumés du réseau, un père et ses fils, propriétaires ou gérants de plusieurs débits de boissons à Carcassonne, ils sont restés en garde à vue toute la journée.

Mais les investigations des enquêteurs se sont étendues au-delà des 47 personnes interpellées lundi: on apprenait hier que des clients des casinos, qui n’étaient pas là lundi au moment de la “descente”, avaient été convoqués hier dans les gendarmeries pour y être entendus. Quant aux machines, elles ont fait l’objet de saisies dans la nuit de lundi à hier. Plusieurs camions ont été mis à contribution pour enlever, bar après bar, la soixantaine de “Bingo” qui sont au centre de cette affaire. Des machines plutôt sophistiquées, puisqu’elles peuvent apparaître comme des flippers “classiques”, lesquels sont autorisés par la loi. “Dans le “Bingo”, le joueur agit sur la machine. Ils peuvent donc être considérés comme des jeux d’adresse et à ce titre peuvent être exploités dans un bar où seuls les jeux de pur hasard sont interdits”, souligne un spécialiste des machines à sous. En revanche, il est évidemment interdit de développer un système de gain en argent autour de ces jeux. “Dans les jeux d’adresse, le gain ne peut être que sous forme de parties gratuites, et encore pas plus de cinq”, poursuit ce spécialiste.

C’est ce qui explique en partie la longueur de l’enquête de gendarmerie qui a trouvé sa conclusion lundi. Il fallait réussir à prouver qu’un système de gains en argent s’était développé autour de ces machines. Un système lucratif, estimé en moyenne à 3000 euros mensuels par machine, à répartir entre le tenancier du bar et l’installateur. A supposer que ce dernier ait simplement prélevé la moitié des bénéfices, cela représente (sur la base d’une soixantaine de machines) un revenu mensuel de 90000 euros environ. Net d’impôts et de taxes diverses, bien sûr. On comprend que le fisc ait participé à l’interruption de ce trafic plutôt rentable.

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Concurrence « illégale »

Exceptionnellement, ils parlent d’une même voix. Hier, les représentants des trois organisations patronales des casinos (Casinos de France, le Syndicat des casinos modernes de France et l’Association des casinos indépendants de France) ont appelé le gouvernement à l’aide. Ils demandent des réductions de taxes et un assouplissement des règles qui encadrent leur métier. Depuis le mois de juin, l’activité des casinos est en recul de 15 % à 20 % et l’avenir s’annonce morose. En octobre, l’activité du casino de Deauville a chuté de 28 %, a souligné Dominique Desseigne, président du ­groupe Barrière. À Port-Barcarès, le casino Partouche n’ouvrira plus à l’année, mais simplement l’été.

Tout cela à cause de la crise mais aussi de l’interdiction de fumer. Entrée en vigueur en janvier, celle-ci s’est ajoutée à une autre mesure pénalisante : le contrôle généralisé à l’entrée des casinos, obligatoire depuis 2006. « Si la situation perdure, il y aura des fermetures et des plans sociaux », a prévenu Patrick Partouche, président du directoire du groupe Partouche. Et de rappeler que l’enjeu ce sont les 18 000 personnes qui travaillent dans les 197 casinos français.
Les trois syndicats patronaux ont déjà écrit à François Fillon, le 29 octobre, pour demander un allégement de la fiscalité pendant deux ans et une plus grande souplesse pour ouvrir de nouveaux jeux. Michèle Alliot-Marie, la ministre de l’Intérieur, est décidée à faciliter l’organisation de tournois de poker et l’installation de machines à sous. Cela ne règle pas le problème de la concurrence « illégale » d’Internet, selon Dominique Desseigne, sur les sites de jeux pour le moment interdits en France. Pour attirer du monde chez eux, les casinos attendent du gouvernement le feu vert pour organiser des jackpots progressifs multisites. Le principe : relier entre elles des centaines de machines à sous pour faire gagner des cagnottes de plusieurs millions d’euros.

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Partage de gains

Depuis début juin, au Miami, le casino d’Andernos, aux côtés des deux tables de Texas Hold’em Poker, un nouveau jeu est installé: le black jack, emblématique et particulièrement apprécié des joueurs de casino. Au Miami d’Andernos, ils pourront s’y adonner avec une mise minimum de 2euros. Le 18juin, un autre débarquement a eu lieu, avec l’arrivée de 10 machines à sous supplémentaires de dernière technologie, portant ainsi le nombre de bandits manchots à 85.

Le casino d’Andernos-les-Bains se veut un établissement à taille humaine où les gens aiment à se retrouver. Chacun connaît désormais le Texas Hold’em poker no limit, version incontournable d’un jeu, venu tout droit des USA, et le désormais célèbre Partouche Poker Tour, tournoi d’ampleur nationale, initié par le groupe éponyme au sein de 41 de ses casinos. La finale se déroulera au Palm Beach de Cannes au mois de septembre prochain. Les gagnants partageront la coquette somme de 2millions d’euros. En vue de cette finale, des tournois Super Satellite ont été organisés dans cinq des plus prestigieux casinos du groupe. Coup de théâtre, un 6tournoi se rajoute au casino d’Andernos-les-Bains pour faire étape à cet événement national: le tournoi Super Satellite du Miami, le samedi 10août prochain.

Allier les plaisirs. Mais ce n’est pas seulement le jeu qui anime le casino. Toute l’année, un large choix de concerts et autres spectacles y sont programmés pour le plus grand plaisir d’un public de plus en plus nombreux. Le Miami a créé un festival de chanson française intitulé «Le Bel Été»; il s’associe toujours au festival Jazz en Liberté et il présentera cette année encore une programmation de choix à cette occasion.

Un autre festival est venu étoffer les soirées du casino vendredi et samedi derniers, avec la création d’un festival orienté musiques du Monde et nommé Le Miami en Live. Et ce sont bien de gros concerts live, gratuits, dans le parc du casino dont il s’agit. Pour allier plaisir des papilles à celui de l’oreille, le comité de la Fête de l’huître d’Andernos-les-Bains proposait un stand de dégustation d’huîtres tandis que les amateurs de sucré se rendaient au stand de crêpes et galettes, également mis à leur disposition. Preuve que le casino intègre le milieu associatif andernosien.

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Ouverture du marché


Le très populaire Texas hold’em poker flambe dans les casinos avant de s’installer sur les sites en ligne d’ici un an avec l’ouverture du marché français aux jeux d’argent, selon une enquête de l’AFP.Arrivé au printemps 2007, le poker a insufflé un regain d’activité et un coup de jeune aux casinos français, affectés par une perte historique de 10% de leur chiffre d’affaires en 2008 due à l’interdiction de fumer et à la crise économique.

Actuellement plus de la moitié des 197 casinos français ont reçu l’autorisation d’exploiter le poker.

Ainsi 25 des 35 casinos du groupe Barrière, premier casinotier français, ont installé un total de 70 tables qui ont accueilli plus de 100.000 joueurs, soit 10 millions de chiffre d’affaires (20% du CA des jeux de tables). En 2008, ajoute Christian Meunier, directeur général des opérations du groupe, 3.000 joueurs ont participé à 500 tournois payants dans ces casinos.

Le casino de Deauville (Normandie) organisera du 20 au 24 janvier l’étape française de la 5e saison du prestigieux European poker tour (EPT) où les 700 joueurs attendus s’affronteront pour un total de 3,360 millions d’euros de prix après avoir déboursé chacun 5.300 euros de frais d’inscription.

“Le poker a créé des emplois”, relève Laurent Lassiaz, président du directoire de Joagroupe, troisième casinotier français, dont 10 des 20 établissements ont ouvert des tables de poker. Jaogroupe offrira prochainement au vainqueur de son tournoi de poker la somme de 100.000 euros.

A La Siesta d’Antibes (Côte d’Azur), Joagroupe teste, annonce M. Lassiaz, la première table de poker électronique où, sous la surveillance d’un croupier, les joueurs de poker peuvent s’initier au poker, pour une mise d’un euro. Une expérience suivie avec intérêt par les 197 casinos français mais avec beaucoup de réticence par les syndicats des employés de casinos qui craignent des suppressions d’emplois au sein de la profession (18.000 emplois).

Cette vogue du poker dans les casinos se manifeste aussi par l’existence d’une dizaine d’émissions télévisées et d’autant de magazines écrits spécialisés.

Mais les grands groupes – Barrière, Partouche, Joagroupe, Tranchant – ont aussi les yeux fixés sur le second semestre de l’année 2009 qui doit marquer l’ouverture des jeux d’argent et de hasard (JAH) à la concurrence du marché français demandée par la Commission européenne.

Les trois opérateurs légaux du monopole des JAH en France (Française des Jeux, PMU, casinotiers, soit un chiffre d’affaires 2007 de près de 21 milliards d’euros) seront confrontés avant la fin 2009 à des opérateurs privés sur le marché des jeux (paris hippiques et sportifs et poker).

Et le marché du poker en ligne promet d’être particulièrement juteux si l’on en croit les spécialistes. Selon Graham Wood, consultant international spécialisé dans les jeux en ligne, le chiffre d’affaires annuel des sites de poker en ligne pourrait atteindre un milliard d’euros. Pour M. Lassiaz, le marché annuel français des jeux en ligne se situerait à 800 millions d’euros, dont 60% pour le poker.

Ces sites se rémunèrent, tout comme les casinos français, avec un pourcentage sur les parties de 4 à 5% sur les mises engagées par les joueurs. En trois mois, les trois opérateurs en Italie, qui vient de s’ouvrir au poker en ligne, ont engrangé 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, dit M. Wood.

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